Ce que l’on attend vraiment d’une formation en alternance

La France cherche partout ses suppléants, scrute les candidatures, multiplie les appels à l’alternance. Derrière les chiffres et les slogans, une question obsède les responsables RH : que cherchent vraiment celles et ceux qui choisissent cette voie ? À l’heure où les parcours en alternance attirent autant les jeunes que les profils en reconversion, l’enjeu n’est plus de remplir des cases, mais de répondre à des attentes précises, concrètes, parfois exigeantes.

Chez C-Campus, former des tuteurs et des maîtres d’apprentissage n’a rien d’une expérience théorique. Chaque année, nous accompagnons des centaines de professionnels, souvent à distance, et une leçon émerge, toujours : la réussite d’un parcours d’alternance repose sur la compréhension fine des attentes des alternants. Dès les années 2000, avec un acteur majeur du secteur, nous avons lancé une enquête sur les priorités des suppléants et les réponses à leur apporter. Depuis, cette enquête n’a cessé d’évoluer, ponctuée d’entretiens récents avec des alternants de la génération « millénaire » : leurs préoccupations se multiplient, se nuancent, mais restent bien ancrées dans le réel.

A lire en complément : Quelle plateforme d’apprentissage choisir pour la formation des collaborateurs en entreprise ?

Au-delà des poncifs…

Il est temps de balayer quelques idées reçues :

  • L’alternance n’est pas un choix par défaut. Ceux qui s’y engagent l’ont décidé en connaissance de cause.
  • Le statut, les avantages ou le salaire ne suffisent pas : trouver du sens au quotidien reste une attente forte.
  • Les alternants ne cherchent pas à rejoindre un club d’amis ni à partager des baby-foot avec la direction : ils attendent d’être reconnus comme des adultes en formation.

Leur regard est lucide, leur pragmatisme désarmant. À nous de leur répondre à la hauteur.

A lire aussi : Coaching en entreprise : bénéfices pour l'organisation, comment en profiter ?

Leurs attentes méritent des réponses concrètes

Au fil des entretiens, dix-sept attentes majeures émergent. Pour chacune, il existe des leviers d’action, à activer du côté des tuteurs et des maîtres d’apprentissage :

  1. Exercer un vrai métier. Rien ne remplace la clarté : avant même l’arrivée de l’alternant, mission, activités et responsabilités doivent être balisées. Le tuteur doit lever toute ambiguïté dès le premier jour, en lien avec le responsable hiérarchique.
  2. Travailler en sécurité. La sécurité, ce n’est pas qu’une question de consignes : c’est aussi veiller à ce que l’alternant ne démarre pas dans l’incertitude, logement éloigné, avance de frais de transport… L’accompagnement RH doit prendre le relais pour lever ces obstacles dès l’embauche.
  3. S’intégrer à l’équipe et être reconnu comme collègue. L’accueil ne s’improvise pas. Favoriser l’intégration, c’est l’inclure dans les rituels du collectif : réunions, pauses, repas, moments informels.
  4. Bénéficier d’un accompagnement rapproché. Le lien de confiance ne s’installe pas tout seul. Des règles de communication doivent être posées clairement, en particulier quand le tuteur s’absente ou délègue.
  5. Comprendre l’environnement de travail. Prendre le temps de présenter l’entreprise, les équipes, les partenaires ou les clients évite beaucoup d’hésitations au début.
  6. Savoir se comporter selon les interlocuteurs. Le professionnalisme s’apprend dans l’exemple. Le tuteur transmet les codes et montre, au quotidien, ce qui est attendu.
  7. Instaurer un climat de confiance. Encourager, rassurer, donner des signes de considération dès les premiers temps : la reconnaissance passe souvent par de petites attentions concrètes.
  8. Apprendre concrètement et efficacement. Structurer le parcours, remettre une feuille de route, jalonner les apprentissages pratiques : des repères concrets qui facilitent les progrès.
  9. Répondre aux attentes du collectif ou de l’entreprise. Donner un retour fréquent, assurer un suivi, signaler franchement réussites et difficultés : les repères nets rassurent l’alternant.
  10. Développer de véritables compétences. Rien ne remplace l’expérimentation. Mettre l’alternant en situation, partager les leçons à tirer de chaque essai, encourage son évolution.
  11. Se sentir utile, avoir des responsabilités et des objectifs. Confier des missions à impact, expliquer la finalité, encourager l’autonomie : l’engagement devient alors naturel.
  12. Être fier de son rôle et de son futur métier. Un tuteur tourné vers l’avenir transmet sa passion, partage ses valeurs, crée l’envie de s’investir pleinement.
  13. Disposer d’une marge de manœuvre et relier théorie et pratique. Adapter progressivement l’autonomie, lier les apprentissages scolaires à la réalité du terrain : c’est là que la formation prend tout son sens.
  14. Travailler dans un climat positif et convivial. Sérieux et bonne humeur ne s’opposent pas. Un environnement où chacun travaille rigoureusement tout en gardant l’enthousiasme change le quotidien.
  15. Pouvoir exprimer ses idées et proposer. Accueillir les suggestions, être à l’écoute, encourager à aller au bout de ses initiatives : les regards neufs apportent souvent de vraies avancées.
  16. Obtenir sa certification, son diplôme, son titre. Anticiper les évaluations, accompagner sur la préparation des épreuves et des soutenances, soutenir dans la durée : obtenir le diplôme se construit.
  17. S’adapter au monde professionnel, décrocher un emploi ou gagner en employabilité. Même sans promesse de CDI, le tuteur peut épauler par la recommandation, l’accès au réseau, des références solides.

Qui fait quoi : tuteur, maître d’apprentissage, manager ?

La répartition des rôles n’a rien d’accessoire : tout commence avec le manager qui fixe le cadre, formule la mission, attribue les moyens, régule la charge et évalue les résultats. C’est encore lui qui désigne le tuteur et lui donne son rôle auprès de l’alternant.

Le tuteur ou le maître d’apprentissage, pour sa part, accompagne de près le développement des compétences : il explique, encadre, encourage, questionne la pratique et aide à progresser sur les points forts comme ceux à améliorer, toujours en lien avec le manager.

Depuis vingt ans, le tutorat a pris de l’ampleur et de la complexité : accompagnement à distance, « reverse mentoring », digital, reconnaissance de l’AFEST… Les équipes, managers, pairs, experts et formateurs bâtissent désormais ensemble la réussite des alternants. Cette dynamique d’équipe fait la différence. Prendre la mesure de la diversité des attentes, c’est ne plus miser sur un soutien solitaire mais sur une synergie collective, sous peine de passer à côté du vrai potentiel de l’alternance.

Quelques actus

Pourquoi devez-vous apprendre les bases du SEO en 2023 ?

Il est tout à fait indéniable qu’un site web est une vitrine pour votre entreprise sur le web.

Les étapes à suivre pour chercher un emploi dentaire : de la préparation du CV à la recherche d’offres en ligne

Si vous êtes à la recherche d'un emploi dans le domaine dentaire, il peut être difficile de savoir