Quelles sont vos attentes par rapport à une formation par alternance ?

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Au moment où de nombreux secteurs et entreprises se mobilisent pour recruter des suppléants (priorité de la Nation, martelée par la ministre du Travail dans son plan de relance), nous nous sommes interrogés sur les attentes des personnes (jeunes ou moins jeunes) suivant des parcours d’alternance (professionnalisation ou contrats d’apprentissage).

Chez C-Campus, nous formons chaque année des centaines de tuteurs et de maîtres d’apprentissage, en particulier dans des formules 100% distantes. Nous avons toujours insisté auprès des tuteurs sur un point clé : comprendre les attentes de leur apprenant, c’est engager la relation de tuteur sur une bonne base… Dans les années 2000, nous avons réalisé avec un grand client une enquête sur les attentes des suppléants et sur les réponses à leur apporter. Nous avons régulièrement mis à jour cette enquête et nous avons récemment interviewé des remplaçants du « millénaire ». Leurs attentes sont toujours variées et nombreuses.

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Au-delà des poncifs…

Allons-y au-delà de certains a priori tout de suite :

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  • Non, ces apprenants ne choisissent pas par hasard de s’entraîner en alternance ! L’alternance est un choix éclairé.
  • Non, les suppléants ne veulent pas seulement obtenir un statut, des avantages sociaux et un salaire : ils recherchent un sens supplémentaire dans leur travail !
  • Non, ils ne s’attendent pas à intégrer un groupe d’amis et à jouer au baby-foot avec le grand patron, ils veulent être considérés comme des adultes en formation !

Leurs attentes sont réalistes et pragmatiques ! Alors, soyons à la hauteur !

Leurs attentes méritent des réponses…

Au cours de nos entretiens, nous avons identifié 17 attentes principales. Pour chacun d’entre eux, nous vous proposons une ou plusieurs réponses ou solutions à fournir par des tuteurs et des maîtres d’apprentissage

  1. Avoir un vrai travail Cela semble évident… sauf que la mission, l’activité ou le rôle à confier au suppléant ne sont pas toujours bien clarifiés avant son arrivée dans l’entreprise ! Le tuteur doit régler ce point dès que le le suppléant arrive en contact avec son responsable hiérarchique.
  2. Travaillez en Bien sûr, nous pensons à la sécurité au travail : le tuteur explique et applique les instructions à son suppléant. Le sentiment de sécurité signifie également commencer votre alternance sans vous inquiéter, car vous n’avez pas encore trouvé de logement près du lieu de travail ou vous devez avancer une somme d’argent pour votre laissez-passer de transport en commun. Le service RH peut se mobiliser au moment de l’embauche pour cette sécurité financière.
  3. Être intégré dans un collectif de travail et considéré comme un coéquipier Veillez à mobiliser l’équipe autour de l’intégration de l’apprenant. Incitez-les à participer aux rituels d’équipe (réunions, pauses, déjeuners, conf call, etc.).
  4. Travaillez de manière « rapprochée » avec votre tuteur Créez un climat favorable et bienveillant avec l’apprenant et établissez des règles de communication et de fonctionnement lorsque le tuteur — ou son remplaçant — est amené à bouger.
  5. S’y retrouver dans votre environnement de travail Présentez l’entreprise, le service, les clients, les fournisseurs,… à son remplaçant.
  6. Sachez comment vous comporter avec vos différents interlocuteurs Acquérir les principales compétences et comportements qui qualifient les professionnels. Être exemplaire dans son propre comportement en tant que gardien est indispensable.
  7. Travaillez en toute confiance Rassurer, encourager, stimuler, montrer des signes de confiance a priori, étant un indicateur des capacités du remplaçant.
  8. Apprendre efficacement et concrètement Donnez une feuille de route à votre remplaçant ou établissez un parcours d’apprentissage « terrain » Pour acquérir des méthodes d’organisation personnelle, de travail et d’apprentissage expérientiel.
  9. Pour répondre aux attentes de votre collectif de travail et/ou de l’entreprise. Effectuez un retour régulier vers le remplaçant et affichez la progression. Dire quand ça va et quand ce n’est pas bon
  10. Acquérir de ‘real compétences » Mettez le remplaçant en situation réelle et amenez-le à progresser dans sa pratique et à tirer des leçons pour son avenir professionnel.
  11. Sentez-vous utile. Avoir vos propres responsabilités et objectifs. Contribuez vraiment à l’objectif commun Attribuez des tâches à valeur ajoutée à leur alternance. Montrez-lui le sens de la mission et aidez-le à utiliser ses moyens pour réussir.
  12. Soyez fier de votre rôle et/ou de votre « futur emploi » Améliorez votre profession de tuteur avec le suppléant. Montrez votre attachement à votre travail, transmettez une éthique et des valeurs professionnelles.
  13. Avoir une marge de manœuvre. Être en mesure d’appliquer les acquis de votre formation théorique dans une entreprise Augmentez progressivement la portée de la délégation. Consulter le responsable pédagogique du centre de formation ou consulter le programme de formation du suppléant pour ajuster la théorie et la pratique professionnelle.
  14. Amusez-vous bien au travail. Travailler dans la joie, la bonne humeur et convivialité Travaillez sérieusement, sans vous prendre au sérieux en tant que tuteur. Pour transmettre de l’enthousiasme.
  15. Être capable d’exprimer un point de vue et d’être une force de proposition Interroger en utilisant les techniques de l’écoute active et amener votre apprenant à aller au bout de ses idées, suggestions, propositions.
  16. Obtenez votre certification, titre, diplôme, etc. Conseillez le remplaçant et aidez-le à préparer ses tests d’évaluation — entraînez-le à sa défense. Jouer un rôle complémentaire à celui de ses formateurs et enseignants
  17. S’adapter professionnellement, être embauché ou employable Si l’embauche permanente n’est pas possible, aidez votre suppléant à se repositionner : réseau, recommandations, références.

Quelle est la répartition des rôles entre le tuteur/maître d’apprentissage et le superviseur du suppléant ?

En résumé, les rôles peuvent être délimités de la manière suivante :

Le gestionnaire de la remplaçante est axé sur le travail du suppléant : il fixe le cadre de sa mission, lui communique ses objectifs, lui alloue ses ressources, contrôle l’exécution du travail, régule la charge et évalue les résultats du travail. Enfin, il le nomme son tuteur et légitime ce dernier.

Le tuteur/enseignant en apprentissage est orienté vers le développement des compétences de son suppléant : il donne un sens au travail, l’explique, le montre, l’encourage et le « fait » à son suppléant, questionne sa pratique par des méthodes réflexives. Il l’aide à évaluer ses forces et ses domaines de progrès. Il relève du gestionnaire de la remplaçante.

Le tutorat a beaucoup évolué en 20 ans : « reverse mentoring », tutorat à distance, tutorat numérique, etc. La reconnaissance de l’AFEST a soulevé la question de sa complémentarité (lire notre article ici). Le tutorat relève de plus en plus des équipes de tutorat. Faire face à ces attentes d’une certaine manière devient une mission partagée entre le tuteur et le manager, mais aussi les pairs, les experts et l’équipe pédagogique de l’école ou du CFA.

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